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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 22:04

Ouh la ! Dans le domaine des trucs du grenier, voici un truc qui date !!!

 

Une nouvelle que j'ai écrit quand j'étais une jeune adulte encore chez mes parents,  une petite histoire à lire quand il fait chaud et qu'on dort mal…

J'ai retrouvé cela ce soir et cela a trouvé son écho à bien 15 ans de distance dans l'actualité du moment : à savoir twilight… Mais justement, mon modeste écrit prend toute la grimauve pseudo gothique, tout à fait metal midinette mais nase de cette histoire d'ado "in love with ouh my god but you are a vampire ouh don't hurt me, kiss me !" et la piétine dans un festin réaliste… Un thème qui devait m'être cher alors, mais bon lisez plutôt :

 

 

La première fois que cela lui était arrivé, elle avait cru se réveiller d'un cauchemar. Elle avait rêvé qu'un monstre s'allongeait derrière elle, dans son lit ; et quand elle avait su qu'elle était réveillée, les yeux fermés, comme une gamine elle n'avait plus bougé un muscle, jusqu'à ce qu'elle s'endorme de nouveau.


Pourtant ce cauchemar revenait et la faisait frémir comme une enfant. Il devint au long du mois de juillet un habitué de ses nuits, se faisant oublier le jour. Puis ce fut Août avec ses nuits étouffantes. Elle dormait la fenêtre ouverte. Son sommeil était inconfortable ; elle ne bougeait pas pendant des heures, crispée sur son oreiller. Ses membres étaient parfois tellement endoloris qu'elle ne les sentait plus. Elle avait beau se raisonner, quand elle y pensait, elle était terrifiée comme un enfant. Elle préférait endurer les crampes que de bouger alors qu'un monstre la surveillait. Ce raisonnement paraissait ridicule, mais de cette façon la peur était encore contrôlable. Car les yeux fermés, elle pouvait s'imaginer qu'elle imaginait. Comme lui disait son père quand elle l'appelait pour tuer le monstre caché quelque part dans la chambre : " si tu fermes les yeux, que tu ne bouges plus et que tu oublies sa présence, lui aussi t'oublieras."

C'était un remède infaillible de son enfance. Elle s'était sentie très forte devant les monstres avec ce conseil. Mais désormais, elle restait aux aguets, aveugle pendant des heures à déceler le moindre mouvement, le moindre bruit. Elle ne dormait évidemment pas beaucoup.

 

Les nuits passèrent. Elle était déprimée et les journées n'étaient d'aucun réconfort. Elle travaillait dans le centre ville où l'asphalte chauffée, la foule, l'air retenu par les constructions urbaines renchérissaient la chaleur étouffante des derniers jours. Jours qui se faisaient vite nuits, malgré les crépuscules tardifs de l'été.
Une nuit, elle ne su plus faire la différence entre le rêve et la réalité. Elle se savait éveillée, réellement éveillée à réfléchir quand, les yeux fermés, elle visionna la scène : le monstre, elle vit un vampire, apparu, dressé sur le rebord de la fenêtre. Les habits noirs, le peau blanche, les traits surnaturels. Il se glissa dans la chambre puis s'allongea délicatement prés d'elle, contre elle. Elle ne bougea pas. Le matin vint et elle se dit qu'elle avait tout de même rêvé.
La nuit suivante, elle rentra chez elle, sans envies ni enthousiasme. Malgré elle, elle s'affala sur un fauteuil et s'endormit. Réveillée par cette posture assise, elle se traîna jusqu'à son lit. A peine eut-elle le tête sur l'oreiller, qu'il fut là allongé prés d'elle alors qu'il n'y était pas la seconde d'avant. Il avait sa tête enfoui dans ses longs cheveux.

 

Elle n'y avait jamais pensé mais il ne respirait pas. Aucun souffle, aucun soulèvement de poitrine. Plus que de bouger, elle n'osait plus respirer d'autant qu'il avait posé une main sur son épaule. Plusieurs de ces nuits étranges passèrent encore.
C'était mieux que d'avoir un Roméo transi à votre balcon, pensa-t-elle peu à peu. C'était comme si elle avait un vampire pour amant. Il veillait sur elle. Il l'adulait jusqu'à vouloir partager ses moindres soupirs nocturnes ; sans pour autant oser dévoiler sa nature monstueuse. Elle adorait ce jeu sensuel qu'elle supposait. Elle se sentait l'objet de désir inaccessible. Elle entendait parfois tout près de son oreille, le bruit infime d'une bouche qui s'entreouvre. Il était différent, unique et il était à elle comme elle était à lui, fragile vulnérable : à ses pieds s'il avait voulu.

C'était tout de même un monstre, c'est pour cela qu'elle le redoutait les yeux fermés. Cela faisait partie des rêgles. Pourtant elle soupçonnait de plus en plus son attachement incontrôlé pour elle.
Une nuit, il ne fut plus derrière elle à l'envelopper, mais face à elle, plus prés encore. Elle sentait son propre souffle revenir sur ses lèvres. Sa peau le savait tout proche. Il ne fallait vraiment pas bouger. Il avait peut-être les yeux ouverts, le regard posé sur ses paupières, sur la peau de son visage. Ses lèvres tout prés des siennes. Et si elle ouvrait les yeux, se dit-elle une nuit au cours de ses longues pensées. Il faudrait peut-être qu'elle le fasse. Pour brusquer la situation. Et puis elle verrait son fin visage. Mais c'était néanmoins un monstre et le conseil de son père ne serait pas respecté. Oui, mais il la prendrait peut-être dans ses bras, il l'embrasserait. Il oserait quelque chose à son tour.


Elle allait ouvrir les yeux, elle l'avait décidé. Lever les paupières étaient un acte si simple, si instinctif et inconscient. Pourtant cette fois-ci, il était commandé, réfléchi et attendu. Son coeur battait la chamade. Rien d'autre ne bougerait que ses paupières et elle verrait.
Elle ouvrit les yeux et vit deux yeux rouges plongés dans les siens. Deux yeux magnifiques au milieu d'une peau blanche. Elle crut le voir sourire. Le monstre était dans son lit et elle le voyait. Ellle mourut puis elle retomba sur son lit, les yeux ouverts, les pupilles figées par la mort.
"Proie bien amusante que celle-ci" pensa le monstre dans un système de pensées inhumain. "Heureusement que j'ai perséveré quelques nuits. A ne pas bouger de la sorte, j'aurais presque cru que ce n'était pas vivant."

 

 

 

Girls are made of flowers and honey and boys are made of mud and spider… :-) I am a pink spider !

 

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Published by MetalMidinette - dans Les trucs du grenier
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commentaires

Christie 14/07/2010 05:40


Sympa
Dommage que le fantasme du vampire en général se termine par la mort.
Vas-y Johnny fait moi mal , fait moi du bien...
Je n'ai pas vu la série Twilight, il parait que c'est très ado


MetalMidinette 16/07/2010 09:51



Justement en fait !

Le vampire est une incarnation de la sexualité, celle d'une époque certainement : tabou, interdite et qui fait peur… Eros, le tout à la sauce Thanatos, la peur de s'y perdre et de mourir… Bon
c'est de la réflexion de coin de commentaires Internet (D'autres ont du écrire mieux que moi la dessus). Mais bref, c'est pénible que des mièvreries adolescentes ressassent sans cesse ce concept.
Moi étant un peu Metalmidinette, j'aime quand le vampire redevient la bête qu'il semble être et égorge dans un éclat de rire comme cet excellent Lestat de Anne Rice…

En gros ne faisons pas de nos vampires imaginaires des agneaux !

Voilà c'est mon point de vue, très chère professeur et il était important de préciser ma pensée ici :-)



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